ELUS LOCAUX

ATELIER SUR LA FORMATION DES INVESTIS SUR LES LISTES ELECTORALES (AMLD)

LE PROCESSUS ELECTORAL AU SENEGAL

Définition :

Il désignent ordinairement l’ensemble des opérations nécessaires au bon déroulement des élections, qu’il s’agisse de la confection des listes électorales, de l’organisation de la campagne électorale, des différentes formalités préparatoires au scrutin, de la tenue des bureaux de vote, des procédés de votation, des modalités de centralisation et de décompte des résultats, de la formation des « officiers électoraux », de l’encadrement des sondages d’opinion ou encore de l’observation internationale des élections, etc.

C’est en gros l’ensemble des dispositifs normatifs et des mécanismes institutionnels destinés à établir rigoureusement les conditions et le procédé de désignation du (ou des) dépositaire(s) légitime(s)  du pouvoir.

Le processus électoral qui ne se résume pas au mode de scrutin– connaît, depuis quelques années, d’importantes mutations  : l’irruption de l’Internet et des nouvelles technologies, la montée en puissance de l’ingénierie électorale (notamment dans les nouvelles démocraties), la prise de conscience de l’influence et des limites des sondages d’opinion, le recours de plus en plus fréquent à des observateurs internationaux, etc.

L’ELU LOCAL : STATUT, ROLE ET RESPONSABLITE

Le transfert de compétences, épine dorsale sur laquelle s’est construit les lois de 1996, n’a pas été accompagné d’une reconnaissance aux élus locaux de la charge liée à l’exercice du pouvoir de proximité. Malgré que le Code des Collectivités locales reconnait quelques prérogatives à ces acteurs indispensables du processus, un flou entour encore le dispositif. Il est indispensable aujourd’hui, pour mieux cadrer avec cette dynamique où personne ne se semble responsable de rien et pour rendre la gestion des collectivités locales plus saines, de revoir le statut de l’élu local en matière de responsabilisation. En effet, au moment où l’on note de plus en plus d’intervenants et la montée d’une certaine « société civile » locale, il devient fondamental que cet acteur important dans le processus décentralisation puisse jouir d’une reconnaissance et une circonscription de ses responsabilités plus conforme à son rôle et à sa mission. Or, lorsque qu’on regarde de près le processus, plusieurs questions restent posées !

Dans toutes les sphères on ne cesse de chanter que la décentralisation sénégalaise a atteint un tel niveau de maturité, qu’il n’est pas possible un retour en arrière. Certes ! Mais à y regarder de près, on constate que quelque chose cloche et qui empêche aux institutions locales d’exercer pleinement leur DEVOIRS (pourquoi DEVOIRS en majuscule, car lorsque l’on fait référence aux activités des élus on a l’impression que l’exercice de cette mission est de l’aumône envers les populations, mais non un devoir qu’exige sa fonction). Par exemple, si un élu local contribue à la réalisation d’un éclairage public dans une artère de sa collectivité locale, c’est parce qu’il est bon envers sa population à qui pense et qui de par grâce de sa bonneté lui accorde ce « bien-être » du « bienfaiteur » et non un devoir de l’élu vis-à vis de ses administrés. Or ce que l’on oubli, le plus souvent, c’est qu’il a été élu pour ça, et pour rien d’autre.

Dans le système sénégalais, en théorie, l’élu local dispose d’un pouvoir, puisqu’il agit au nom et représente l’ensemble de sa collectivité (au sens regroupement de populations), même s’il ne peut être révoqué par cette dernière. Quant aux citoyens, ils disposent de divers moyens de contrôle et de pression sur les élus. Leur présence aux délibérations des conseils outre qu’elle peut être dissuasive, elle permet d’être informés des questions discutées et des décisions prises en leur nom. Surtout, ils disposent d’un moyen de contrôle et de pression plus efficace au travers d’élections régulières. En effet, par le biais de la représentation populaire les citoyens peuvent désigner leurs gouvernants et/ou ne pas les maintenir en place au-delà des limites de leurs mandats. Ainsi, l’élection constitue le procédé de « contrôle » des élus. Car, des élections renouvelées à intervalles régulières, font que les élus estiment qu’ils ont des comptes à rendre à leurs électeurs. Ce qui les oblige à se sentir comptable vis-à-vis de l’opinion locale dans leurs choix. Tout cela en théorie, bien sure. Car dans la pratique, les choses sont à des années lumières de ces dispositions.

Pourtant, c’est sur cette base que la loi du 22 mars 1996 voulait promouvoir une vraie démocratie participative en donnant une place aux administrés dans la conduite des « affaires locales ». Mieux informés, ils pouvaient ainsi être associés à leur gestion. Or dans la pratique, cette forme de participation se limite tout simplement à une implication de certains responsables dont la légitimité est souvent mal perçue par la population. En effet, le mode de gestion des responsabilités ne se fait que sur des « bases politiciennes » ou d’intérêt individuel sans aucune considération objective de l’intérêt général. Ce qui fait que très souvent, les populations contestent l’autorité des élus sur une décision prise. Cette situation entraîne de nombreux blocages voire des problèmes de légitimité des élus vis-à-vis des populations qu’ils sont pourtant chargés d’administrer. Cet état de fait a été constaté dans différentes initiatives prises par les maires d’arrondissements de Dakar. C’est le cas surtout des décisions prises en matière de gestion des terres, notamment dans les communautés rurales.

En outre, on assiste à une transposition des hégémonies sociales traditionnelles au sein d’institutions modernes. Ceci n’est pas étonnant lorsqu’on observe la faible représentation des femmes et des jeunes qui se traduit aussi par une marginalisation de leurs préoccupations dans les actions menées par les conseils locaux. Alors que la gestion politique par faction au pouvoir, a été jusque là, fortement gaspilleuse d’énergies et de moyens. Il est également regrettable que malgré la dynamique institutionnelle née de la loi 96-07 du 22 mars 1996 – portant transfert de compétences aux collectivités locales – les activités menées par les conseils soient restées les mêmes que dans le passé. C’est tout ceci qui est à l’origine des méfiances des populations vis-à-vis des institutions locales, qu’elles jugent le plus souvent illégitimes pour prendre des décisions en leur nom.

Par ailleurs, la modicité des indemnités dont bénéficiaient les élus locaux (Maire et Président de Communautés Rurales en particulier) faisait que ces deniers confondaient le plus souvent leur poche avec la caisse de la collectivité locale. En effet, les organes exécutifs de ces collectivités locales ne disposaient que d’indemnités et non de salaires. Toutefois, cette disposition a connu une évolution. De 25 000 FCFA avant l’alternance, le Président Wade a multiplié les indemnités des Présidents de Communauté Rurale par six, avec le décret n°2005-48 du 11 janvier 2005 qui alloue désormais respectivement aux PCR une indemnité de 150 000 FCFA et aux Vice-présidents de conseils ruraux, 25 000 FCFA, à chacun des deux vice-présidents à la place de 15 000 et 10 000 FCFA perçue avant. En outre, le chef de l’État a équipé tous les PCR (321) de véhicules 4×4 pour faciliter leurs déplacements. Dans ce même ordre d’idées, il a renforcé le traitement des Maires avec des émoluments de 300 000 FCFA pour les Maires des communes de moindre importance et 900 000 FCFA pour les Maires des communes de capitales régionales en passant par 500 000 FCFA pour les Maires des communes chef-lieu de département, contre une indemnisation de 50 000 à 80 000 FCFA par mois auparavant. Quant n’est-il pour les autres élus ?

Certes, les émoluments concédés par le Président Wade sont tout à fait justifier pour corriger cette imperfection. Toutefois, celles-ci ne doivent pas être comprises uniquement comme des privilèges. En effet, il ne faut pas simplement avoir une visée sur les avantages liés à la fonction de PCR, de Président de Région ou de Maire et écarter d’un revers de main les responsabilités que cela implique.

Aujourd’hui, ceux qui parlent de la reconnaissance d’un statut à l’élu local, réclament plutôt de « rang », que de « statut ». Une partie de la classe politique nationale et une certaine élite, souhaitent aujourd’hui militer au niveau local. Leur souci s’appuie surtout sur le rang équivalant avec les privilèges qui vont avec d’un poste similaire au niveau national. Ce qui fausse totalement l’esprit qui doit guider la mise en place de cette notion de «statut » de l’élu, qui ne doit pas être séparé des responsabilités engagées. Ainsi, les garde-fous contenus sans l’actuel Code des Collectivités locales, « destiné à contraindre les élus à se soumettre à leurs obligations », devront être renforcés et explicités en élargissant cette imputabilité aux administrés. En effet, les contribuables ne doivent pas être ignorés dans ce dispositif, qui, rappelons le, ils doivent être au centre du processus pour plus de transparence, de responsabilité et d’imputabilité des élus vis-à-vis de leurs administrés.

Pour se faire, l’on pourra dresser un bilan des expériences et des bonnes pratiques en matière de gestion décentralisée tout en identifiant les blocages qui freinent la « bonne gouvernance locale ». Il sera ainsi nécessaire de saisir directement les grands dossiers intéressant le statut de l’élu, notamment dans l’organisation administrative du territoire, le mode de gouvernance locale, les formes d’imputabilités de l’élu, tout cela entrant dans le cadre de la modernisation de la démocratie locale. En effet, l’émancipation de la démocratie locale sénégalaise vis-à-vis du pouvoir central passe nécessairement par la mise en place d’un statut adapté aux exigences et aux nouvelles responsabilités des élus locaux indissociable de la promotion de la « bonne gouvernance locale ».

LES INSTITUTIONS ET LEUR FONCTIONNEMENT

Une institution désigne l’ensemble des règles qui régissent une collectivité. La République du Sénégal est laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens, sans distinction d’origine, de race, de sexe, de religion. Elle respecte toutes les croyances. Le principe de la République du Sénégal est : gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple.

LES INSTITUTIONS DE LA RÉPUBLIQUE DU SENEGAL :

  • Le Président de la République,
  •   L’Assemblée nationale,
  •  Le Gouvernement,
  •  Le Conseil économique, social et environnemental
  •   Le Conseil constitutionnel, la Cour suprême, la Cour des Comptes et les Cours et     Tribunaux.
  1. Le président de la République :

Le président de la République est le gardien de la Constitution. Il est le premier Protecteur des Arts et des Lettres du Sénégal. Il incarne l’unité nationale. Il est le garant du fonctionnement régulier des institutions, de l’indépendance nationale et de l’intégrité du territoire. Il détermine la politique de la Nation. Il préside le Conseil des ministres.

Le président est élu au suffrage universel à deux tours. Son mandat est de sept ans, renouvelable une seule fois (la durée du mandat avait été ramenée à cinq ans en janvier 2001, puis rétablie à sept ans en octobre 2008).

  1. Le Parlement :

L’Assemblée nationale est l’institution où le peuple délègue ses représentants appelés députés, pour exercer le pouvoir législatif. Elle vote la loi, contrôle l’activité gouvernementale, peut provoquer la démission du Gouvernement par le vote d’une motion de censure.

Cent cinquante députés siègent à l’Assemblée nationale. Le scrutin est majoritaire à un tour au niveau des départements à concurrence de 90 députés et proportionnel sur une liste nationale à concurrence de 60 députés.

  1. Le Sénat (supprimé)

Mis en place une première fois en janvier 1999 sous le régime du président Abdou Diouf, le Sénat avait été supprimé, pour des raisons d’économies, à la suite d’un référendum constitutionnel organisé le 7 janvier 2001. Il est rétabli en mai 2007, puis supprimé à nouveau en septembre 2012.

  1. Le Gouvernement :

Le Gouvernement conduit et coordonne la politique de la Nation sous la direction du Premier ministre. Il est responsable devant le Président de la République et devant le Parlement.

  1. Le Conseil constitutionnel :

Le Conseil constitutionnel se prononce sur la constitutionnalité des règlements intérieurs des assemblées, sur la constitutionnalité des lois, sur le caractère réglementaire des dispositions de forme législative, sur la constitutionnalité des lois organiques, sur la recevabilité des propositions de loi et amendements d’origine parlementaire, sur la constitutionnalité des engagements internationaux, sur les exceptions d’inconstitutionnalité.

Le Conseil Constitutionnel comprend cinq membres nommés par décret pour six ans non renouvelables, dont un Président, un Vice-président et trois juges. Il est renouvelé tous les deux ans à raison de deux membres au plus.

  1. Conseil économique, social et environnemental

Le Conseil économique, social et environnemental (CESE) peut être consulté par le Président de la République, l’Assemblée nationale et le Gouvernement sur tout problème de caractère économique, social et environnemental.

Il peut aussi, de sa propre initiative, émettre un avis sur l’ensemble des questions d’ordre économique, social et environnemental intéressant les différents secteurs d’activités de la Nation.

Il est composé de 80 membres nommés par le président de la République.

  1. La Cour des Comptes :

La Cour des Comptes assiste le Président de la République, le Gouvernement et l’Assemblée nationale, dans le contrôle de l’exécution des lois de finances.

  1. Les Cours et Tribunaux

Ce sont les cours d’appel (Dakar et Kaolack), les tribunaux régionaux et départements, et les tribunaux du travail

·         MÉDIATEUR DE LA RÉPUBLIQUE

Le Médiateur de la République est une autorité indépendante nommé par décret pour une période de six ans non renouvelable. Il reçoit les réclamations concernant le fonctionnement des Administrations de l’Etat, des Collectivités locales, des Etablissements publics et de tout autre organisme investi d’une mission de service public.

·         LA HAUTE COUR DE JUSTICE

La Haute Cour de Justice a été créé en février 2007. Elle est composée de membres élus, en nombre égal, par l’Assemblée nationale et le Sénat après chaque renouvellement de ces assemblées. Elle est présidée par un magistrat.

COMMENT REALISER UNE BONNE CAMPAGNE ELECTORALE :

La campagne électorale est la période précédant une élection, durant laquelle les candidats et leurs partis « font campagne », c’est-à-dire font leur promotion dans le but de récolter le plus grand nombre de voix possible.

Ils rédigent généralement un « programme électoral » (ou « programme politique »).

Au Sénégal, les campagnes électorales politiques sont strictement réglementées au niveau du budget, de l’étendue de la période, des cadeaux électoraux, etc. En contrepartie, les partis représentés peuvent recevoir des financements publics pour mener leurs campagnes

Pour bien mener sa campagne électorale il faudra utiliser quelques ressources pour s’adresser aux électeurs et les atteindre  Cette phase est l’une des plus importantes.

  • Vous devriez planifier votre communication et le partage des informations.
  • Vous devriez réfléchir minutieusement à la manière d’utiliser votre budget limité et cela devrait guider votre stratégie de campagne.
  • Vous devriez évaluer la diversité et la taille de votre circonscription afin de déterminer s’il vous est possible en tant que candidat d’être présent partout.

Dans le contexte actuel du Sénégal ou les gens sont de plus en plus éveillés sur les politiques et leurs flatteries, si vous voulez réussir et gagner la confiance des électeurs, vous devez faire preuve d’innovation et d’efficacité dans la conduite de votre campagne. En général, il est évidemment important d’établir le maximum de contacts possible avec les électeurs pendant et même avant la campagne électorale. Le dernier contact intervient le jour des élections, lorsque les citoyens se rendent aux urnes et lisent votre nom sur un bulletin de vote ou reconnaissent l’emblème de votre Parti. Le plus de contacts positifs possible doivent être noués les semaines qui précèdent ce jour.

METHODES DE CAMPAGNE

Votre équipe de campagne et vous devez réfléchir au moyen de créer le maximum de contacts répétés avec vos électeurs en utilisant les ressources disponibles. Vous avez votre message. Vous avez votre plan. Maintenant il ne vous reste plus qu’à utiliser les ressources de manière intelligente et de vous assurer que les gens vous remarquent.

CAMPAGNE DE RUE

En plus des méthodes traditionnelles de campagne, dont certaines demandent des ressources considérables et du temps (comme les visites à domicile ou le porte-à-porte), vous pouvez également vous faire connaître avec une espèce de « campagne de rue » et y présenter vos objectifs. Il existe de nombreux types d’activités possibles dans ce genre de campagne, et elles ne doivent pas coûter beaucoup d’argent. Au cours de la campagne et avec votre équipe, il vous viendra surement des idées et vous imaginerez certainement des activités susceptibles de très bien marcher dans votre circonscription.

Votre équipe de campagne est extrêmement importante dans la campagne de rue parce qu’on aura rarement l’impression que vous êtes seul. Un groupe de personnes attire beaucoup plus l’attention. C’est une bonne idée d’acheter des T-shirts pour votre équipe de campagne au début de la campagne. Ils ne doivent pas coûter trop cher. Ils devraient tous être de la même couleur – de préférence une couleur frappante. Vous pouvez imprimer votre photo sur le dos et sur le devant votre nom et votre slogan ou, par exemple, « votez pour …».

Dans la campagne de rue, il est important de trouver des emplacements et des heures où vous pouvez toucher le maximum de gens possible. Proposez-vous de parler aux gens mais acceptez également de le faire quand ils ne veulent pas vous parler et abordez-les de manière amicale. Rien n’est pire que lorsque les électeurs se sentent sous pression. Imaginez que vous êtes à un marché avec vos enfants, vous n’avez pas beaucoup de temps, vous portez vos sacs d’épicerie et les gens essaient tout d’un coup de vous entraîner dans une discussion politique.

LA CAMPAGNE DE DISTRIBUTION CLASSIQUE :

Rassemblez votre équipe, si possible arborez les mêmes T-shirts, et allez en ville ou sur la place du marché où il y a beaucoup de gens. Si votre budget le permet, vous pouvez par exemple offrir gratuitement de l’eau (avec votre carte d’engagement). Ensemble, vous devez remettre votre carte d’engagement et si votre équipe rencontre quelqu’un qui aimerait apprendre à vous connaître et discuter avec vous, ils peuvent l’amener à vous. Vous devez communiquer vos points de vue et vos objectifs à ce citoyen au cours d’une brève rencontre et lui dire que vous seriez heureux qu’il vous soutienne.

LA METHODE DU TANGO DE RUE :

Avec la méthode du tango de rue, choisissez un carrefour très fréquenté, avec des feux de signalisation. Équipée d’une banderole ou d’affiches, votre équipe marche à travers l’intersection avec votre banderole dès que le feu passe au rouge. Ce système est censé être amusant, ce qui explique pourquoi cette forme de campagne est beaucoup plus du ressort des jeunes de votre équipe. Cette méthode peut être utilisée principalement dans la ville de Dakar qui a des feux de signalisation.

Vous devez avoir de la musique ou peut-être même un chanteur avec vous, chanter ou jouer de la musique et distiller de la bonne humeur lorsque vous traversez l’intersection avec la banderole. Vous n’avez pas nécessairement besoin d’être là vous-même pour cette forme de campagne – la banderole portant votre nom, votre photo, votre message /slogan et votre appel à voter pour vous peut également être présentée par votre propre équipe.

LES OUTILS DE CAMPAGNE

  1. les médias :

En tant que candidat, vous dépendez toujours des gens qui contrôlent l’accès aux médias, c’est-à-dire les reporters et chroniqueurs radio ou les journalistes. Les reporters et chroniqueurs décident de l’opportunité et de la manière de parler de la politique ou d’un candidat donné. Ce sont également ces personnes qui invitent les candidats à prendre part à une série de débats à la télévision ou à la radio. Un travail de qualité avec les médias permet ainsi d’être en mesure de présenter vos points de vue de manière régulière et suffisamment détaillée dans la presse. Il est donc important de prendre au sérieux le rôle des médias.

  • Désignez clairement la personne qui s’occupe des relations avec les médias au sein de votre équipe lorsque vous êtes incapable de vous en occuper de manière permanente
  • Assurez une veille et un suivi des médias et réfléchissez à la manière d’approcher individuellement chroniqueurs et journalistes ainsi que de déterminer leur poids au sein de votre circonscription.
  • Travailler avec la presse signifie établir le contact – n’attendez pas que la presse vienne à vous. Vous devez vous-même vous rapprocher des journaux ou des stations de radio locales.
  • À la suite d’une information erronée diffusée dans un reportage, votre réaction doit toujours être appropriée. Vous ne devez jamais menacer un journaliste. Des erreurs peuvent toujours se produire. Essayez d’analyser avec les journalistes les circonstances dans lesquelles l’erreur a pu se produire et voyez ensemble comment corriger celle-ci sans que le journaliste ou vous ne perdiez la face.
  • Votre équipe et vous devez respecter la liberté de la presse. À plusieurs reprises, vous aurez à être interviewé par un journaliste ayant un avis différent du vôtre. Dans ces cas, il est toujours très important de rester convivial ! Quelques fois, il est utile de dire quelque chose du genre : « Je suis heureux que M. / Mme … soit si bien impliqué dans la politique. Je comprends très bien son point de vue, mais j’ai une opinion différente sur cette question… ». Vous devez convaincre les journalistes avec des arguments solides au cours des débats !
  • N’invitez les journalistes aux réunions que lorsque vous avez vraiment quelque chose à dire.
  1. Le téléphonique :

Une autre ressource pendant la campagne c’est bien entendu le téléphone. De plus en plus d’électeurs ont un ou plusieurs téléphones portables. Vous pouvez soit les appeler directement soit leur envoyer un SMS.

Gardez deux choses à l’esprit :

  • L’argent : Parfois, il est possible d’acheter des contingents de minutes d’appel téléphonique ou de SMS chez des fournisseurs de services de téléphonie mobile à des prix avantageux.
  • Les numéros de téléphone : recueillez le plus de numéros de téléphone possible et d’autres coordonnées des électeurs à chaque occasion. À chaque meeting, à chaque campagne de rue et sur tout support que vous utilisez, il devrait y avoir un espace où les gens peuvent fournir cette information (avec leur consentement pour que vous puissiez l’utiliser dans la campagne).

Si vous n’êtes pas en mesure de surmonter ces deux obstacles (argent et numéros de téléphone), vous pouvez mettre sur pied votre propre petite unité de travail pour effectuer la campagne téléphonique. Le facteur décisif dans une campagne téléphonique est d’avoir autant que possible des contacts brefs et amicaux avec les électeurs. Le but n’est pas d’investir des minutes d’appels téléphoniques coûteux dans des discussions sans fin avec les électeurs. Si vous remarquez qu’une conversation pourrait durer plus longtemps que prévu, vous devez mettre fin à l’appel sur une note amicale et appeler l’électeur suivant.

Vous pouvez également utiliser les SMS pour atteindre un grand nombre d’électeurs à un faible coût. Votre message doit être court et direct. Plus important encore, les électeurs devraient être en mesure d’identifier celui qui s’adresse à eux, et après avoir lu votre message, ils devraient être en mesure de se rappeler les mots clés de votre programme.

  1. Internet:

La campagne présidentielle américaine en 2008 a montré au monde entier l’importance qu’a prise Internet dans les campagnes. Barack Obama a réussi à utiliser Internet pour déclencher un mouvement pour le changement aux Etats-Unis. Beaucoup de gens l’ont soutenu personnellement et financièrement via Internet, rendant ainsi possible son élection à la présidence des États-Unis. La situation de votre circonscription n’est pas comparable à celle des Etats-Unis. Cependant, des électeurs dans votre circonscription ont indubitablement accès à l’internet, utilisent une adresse électronique ou font également partie d’un réseau social (Facebook par exemple).

Voici juste quelques petites choses que vous pouvez faire dans une campagne en ligne sans trop dépenser.

  • Créez un site du candidat qui soit bien conçu, clairement structuré et attrayant. C’est votre carte de visite sur Internet. Vous vous présentez, exprimez clairement vos objectifs et dites qui vous êtes ; vous dites aux gens comment entrer en contact avec vous ; vous indiquez les dates des prochains meetings de campagne, des réunions et présentez des comptes rendus des derniers meetings rédigés dans des textes courts, agrémentés de jolies photos. Il devrait y avoir une zone séparée où les gens peuvent inscrire leurs adresses et cocher une case indiquant comment ils aimeraient vous soutenir. Ils peuvent par exemple vous aider à distribuer des dépliants, vous aider dans la campagne de rue, ou vous aider à distribuer votre carte
  • d’engagement dans leur quartier.
  • Créez une liste de diffusion et recueillez des adresses électroniques auxquelles vous envoyez régulièrement un bulletin d’information. Dans ce bulletin (hebdomadaire), vous pouvez rapporter les derniers développements dans la campagne et attirer sans cesse l’attention sur la possibilité de soutenir votre campagne sur le plan pratique (pas seulement financiers).
  • Créez une page sur Facebook et mobilisez-y des sympathisants. Fournissez des informations actualisées sur votre travail de campagne et réagissez-y aux commentaires et suggestions tous les jours. Invitez vos amis de Facebook à des discussions spéciales.
  • Twitter : c’est un format spécial très rapide. L’utilisation de cette option n’est judicieuse que lorsque ce service d’information rapide est déjà utilisé par un grand nombre de personnes dans votre circonscription. Vous pouvez également l’utiliser régulièrement.

En somme, s’agissant de la campagne en ligne, la règle est la suivante : vous n’avez pas à tout faire, mais ce que vous faites doit être bien fait.

CAMPAGNE ET BUDGET :

Une campagne ne doit pas toujours être onéreuse : enthousiasmer les gens ne coûte pas grand-chose. Nous savons qu’il est difficile de battre campagne au Sénégal et disposer soi-même de gros moyens. Les gens s’attendent généralement à recevoir des cadeaux, un genre de choses que tout le monde ne peut financer. Outre les campagnes à petit budget, que nous avons présentées ici, il est très important d’être sincère et crédible auprès des électeurs. Le premier contact avec eux peut par exemple ressembler à ceci :

« Bonjour. Je m’appelle … Je me présente sur la liste du […] Parti en tant que candidat pour [….] les élections locales. Je voudrais vous dire quels sont mes objectifs et ce que je voudrais changer si je suis élu. Malheureusement, je ne peux pas vous offrir de cadeaux. Je n’ai pas un gros budget et je ne peux pas distribuer des cadeaux comme les autres le font. Mais surtout, je ne voudrais pas me présenter à des élections et que notre relation se fonde sur un cadeau qui ne durera pas un mois. Je voudrais plutôt travailler à ce que nous ayons tous une vie meilleure … Je pense qu’il est important que tout le monde ait une chance en politique et non pas seulement ceux qui peuvent battre campagne avec beaucoup d’argent. »

Ne soyez aucunement embarrassé à ce sujet. Il ne s’agit pas d’acheter les électeurs, mais plutôt de les convaincre. Racontez-leur votre histoire et dites-leur en quoi, vous lancer en politique vous passionne et ce que vous aimeriez changer si vous êtes élus.

Un cadeau sous forme de T-shirt peut être mis pendant un an. Un politique à la capitale défendant les intérêts de ses électeurs est infiniment plus précieux pour eux.

Faites des estimations sur les dépenses à effectuer par rapport à ce que vous voulez accomplir. Vous devez inclure les frais généraux (bureaux, espace, etc.) et les coûts liés à la prise de contact avec les électeurs. Soyez réaliste. Vous pouvez élaborer plusieurs budgets, en fonction de ce que vous êtes en mesure de réunir. Le budget est un moyen très efficace permettant d’assurer un suivi quotidien, hebdomadaire et mensuel de la campagne.

Les types d’éléments à mettre dans un budget sont les suivants :

  • Frais généraux (de préférence pas plus de 25 % du budget)
  • location de bureaux
  • personnel
  • frais de téléphone
  • ordinateurs et autres équipements de bureau
  • consommables
  • charges liées à la recherche.
  • Relations avec les électeurs
  • impression de documents
  • publicité
  • événementiel
  • transport
  • nourriture, eau pour les volontaires, etc.

RECOMMANDATIONS :

  • l’intégrité du processus électoral doit être assurée de manière à impacter positivement sur la stabilité des institutions et leur légitimité.
  • la légitimité des représentants élus doit être garantie et reconnue par l’ensemble des tendances politiques et des couches de la société civile.
  • un climat politique serein et basé sur un cadre légal respectueux des valeurs démocratiques doit être promu et consolidé.
  • renforcement des capacités organisationnelles et techniques de la CENI.
  • L’appui à l’amélioration du dialogue politique entre les acteurs nationaux et provinciaux.
  • Le renforcement des capacités nationales dans le domaine de la résolution du contentieux électoral.
  • L’appui pour une plus grande participation féminine aux élections et unereprésentation équitable des femmes dans les instances décisionnelles.
  • La confiance des citoyens envers l’ l’Etat et ses Institutions devra être renforcée grâce à un processus électoral fiable

Et si on arrive à réussir ce panel,  le pays disposera d’un climat politique serein et basé sur un cadre respectueux des valeurs démocratiques

Conclusion

Mal communiquer avec une population peut inciter à la haine et à la violence. Après

avoir participé à cet atelier, je me rends compte que pour bien communiquer sur un

évènement, il faut tenir compte de l’environnement social, des habitudes de la population

et des évènements du moment. La divulgation de l’information ne doit pas se faire sur la

base des sentiments, des émotions ou opinions personnelles. En période électorale, nous

devons prendre le discours du politique qui veut se faire élire, le revoir et choisir ce qui

peut réellement amener la société à faire une appréciation objective des candidats. Nous

avons donc appris des valeurs de transmission de l’information qui nous aideront

désormais à éviter les dérives dans nos prestations. L’atelier m’a donc mis face à mes

responsabilités en tant que journaliste et à savoir les assumer vis-à-vis du politique et de lasociété. J’ai appris à être à l’écoute de l’écho et de l’impact de l’information que je donne

en tant que journaliste. Ce qui m’appelle à faire un peu plus attention au traitement et à la

qualité des données à communiquer à un groupe cible que je ne connais toujours. Sinon,

des tensions pourraient naître quelque part à cause de l’information que j’ai donnée.»

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