JOURNEE INTERNATIONALE DES MIGRANTS

JOURNEE INTERNATIONALE DES MIGRANTS « QUELLES PROTECTIONS POUR QUELS MIGRANTS ? » 18 DECEMBRE 2017 A L’HOTEL NGOR DIARAMA DE DAKAR.

  1. OUVERTURE DU PANEL

Le panel a été introduit par:

  • Professeur Ndioro NDIAYE, Président de l’Alliance pour la Migration, le Leadership et le Développement (AMLD), Ministre Conseiller auprès du Président de la République ;
  • Richard DANZIGER, Directeur régional de l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM) pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique Centrale ;
  • Monsieur Andrea ORI, Représentant Régional pour l’Afrique de l’Ouest du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.
  • Monsieur Wilfred NKWAMBI, Représentant le Programme Alimentaire Mondial (PAM) ;
  • Monsieur MoustaphaDIALLO, Représentant de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge Sénégalaise et du Croissant Rouge FICR ;
  • Monsieur Sadikh NIASS, Secrétaire général par intérim de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO).

Le Professeur Ndioro NDIAYE, Présidente de l’Alliance pour la Migration, le Leadership et le Développement (AMLD), Ministre conseiller auprès du Président de la république, a remercié l’ensemble des participants pour leur intérêt à prendre part au panel non sans rappeler le contexte dans lequel se tenait le panel. D’entrée de propos, elle a procédé à un état des lieux du respect des droits des migrants et leur violation systématique et généralisée aussi bien dans les pays de transit que d’accueil.Elle a souligné tous les efforts consentis par l’Etat du Sénégal, les Organisations internationales, les Organisations de la Société civile (OSC) et tous les partenaires en charge des questions migratoires pour assainir l’environnement migratoire. Le Ministre Ndioro NDIAYE a néanmoins tenu a relevé les écueils dans la protection et le respect des droits des migrants en dépit de ces efforts louables . Elle a, en ce sens, souhaité qu’un monitoring soit effectué sur le respect des droits des migrants afin d’identifier : qui les respecte ? Qui les viole ? Pour quelles raisons ? Comment les pays comme le nôtre doivent ils réagir ? Avec quels instruments? Quelles stratégies ?Concluant son intervention, le Professeur NDIAYEa invité les participants et l’ensemble de partenaires concernés à s’engager à une meilleure gouvernance des migrations à tous les niveaux ; à faire des migrations une réelle opportunité, porteuse de croissances, restauratrice d’espoirs, bénéfiques à tous les migrants, aux Etats qui les accueillent et aux pays d’origine, dans un souci permanent de respect des droits de l’homme et de  la dignité humaine.

MonsieurRichard DANZIGER, Directeur régional de l’Organisation internationale pour les Migrations (OIM)pour l’Afrique de l’Ouest et l’Afrique centraleest revenu sur le Processus du Pacte mondial et salué la clarté du document produit par le Sénégal pour l’étape de PuertaVallerta. Monsieur DANZIGER a plaidé pour une gestion structurelle des migrations qu’il appréhende, a contrario d’une large partie de la communauté internationale qui les considère commedes crises, sous le prisme de faits globaux qui nécessitent en ce sens une approche holistique.  Il a, en outre, relevé l’impertinence de la dichotomie migrants économiques/migrants politiques, estiment que les causes de migrations sont plurielles et ne sauraient être épuisées par un tel manichéisme. Il a ainsi invité à aller au-delà de l’argument économique et à davantage de réflexion sur les migrations. A cet effet, il a souhaité que les chercheursafricains se penchent davantage sur le phénomène migratoire pour une connaissance plus fine du phénomène et ainsi diversifier les sources de données statistiques actualisées. Il s’est en fin de compte dit convaincu de la pertinence d’un Observatoire des migrations au niveau régional pour mieux éclairer et aider à la prise de décisions au plan stratégique.

Intervenant au nom du Programme alimentaire mondial (PAM), Monsieur Wilfred NKWAMBI, est revenu sur la nécessité de la mobilité pour un mieux-être de l’Homme. Il a relevé certaines causes qui, selon lui, alimentent les flux migratoires. Il a, à titre d’exemple, mentionné les changements climatiques et leurs effets sur les conditions de vie des populations rurales. Monsieur NKWAMBI s’est ensuite prononcé sur la nécessité d’une plus grande information et sensibilisation des jeunes ; car, dit-il, la migration se prépare.

Monsieur Andrea ORI, Représentant Régional pour l’Afrique de l’Ouest  du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a introduit son propos par relever que les inégalités sociales, les discriminations restent de grandes causes de migrations surtout celles irrégulières. Adoptant une approche légaliste, Monsieur ORI a rappelé les principes généraux des Droits de l’homme : l’inaliénabilité, l’universalité, l’égalité, la non-discrimination, l’interdépendance. Il  est longuement revenu sur les enjeux politiques de la gouvernance des migrations en imputant une partie de la fébrilité en matière de respect et de protection des migrants à la méconnaissance par certains Etats de leurs obligations vis-à-vis des migrants.En guise d’exemple, protéger les migrants, les respecter et de faire respecter les droits humains des migrants. Se prononçant sur la violation des droits les plus fondamentaux des migrants, Monsieur ORI a constaté que les politiques migratoires ne prenaient pas suffisamment en compte l’approche droits de l’Homme. La question des longues détentions dont les migrants sont parfois assujettis a été traitée par Monsieur ORI.

Le Représentant régional du HCDH a ainsiinsisté sur la prévention dela multiplication  des violations des droits des personnes en migration aussi bien dans les pays de transit et d’accueil. Parmi ces violations : les refus d’entrée, les mesures punitives et discriminatoires notoires à l’endroit des migrants, les pratiques d’extorsion de fonds subies par les migrants, les incarcérations de migrants du seul fait de leur statut, etc. Il a malgré tout rappelé une réalisation progressive des droits des migrants qui doivent être améliorés avec l’intégration de quelques principes tels que : la non-discrimination, l’accès à la justice, le sauvetage, le respect de leur intégrité physique, entre autres. Pour conclure, Monsieur Andrea ORIa suggéré d’évaluer de façon positive les politiques migratoires et plaidé pour des politiques migratoires holistiques, intégrant toutes les dimensions du phénomène.

Monsieur Moustapha DIALLO, Représentant de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge (FICR), s’est d’emblée félicité de la tenue de ce panel non sans présenter les excuses de Madame LECLERC, Chef du Cluster Sahel de la FICR et M. Abdoul Azize DIALLO, Président de la Croix-Rouge Sénégalaise (CRS). Ila en outre procédé à un rappel des principes qui gouvernent l’action de la Croix-Rouge dans la protection des droits des migrants. Monsieur DIALLO a ensuite abordé les motivations des candidats à la migration. Pour conclure, il a réaffirmé la position de la Croix-Rouge qui est d’assister tous les migrants quel que soit leur statut.

S’exprimant au nom de la Société civile, Monsieur Sadikh NIASS, Secrétaire général par intérim de la Rencontre Africaine pour la Défense des Droits de l’Homme (RADDHO), a axé son intervention sur l’importance des OSC dans le processus de protection des droits des migrants. Selon M. NIASS, le premier niveau d’actions des OSC réside dans le plaidoyer pour l’adoption et la ratification. Le second degré est la mise en harmonie des conventions ratifiées avec la législation nationale. Il a évoqué la participation des OSC en qualité d’observateurs aux travaux de la Commission nationale d’éligibilité et l’aide qu’elles apportent aux demandeurs d’asile. Monsieur NIASS a souligné la nécessité de restaurer l’espoir au Sénégal pour retenir les jeunes. Pour finir, Sadikh NIASS a relevé quelques obstacles dans la pleine jouissance de la libre-circulation dans l’espace CEDEAO. Il a ensuite abordé la question de la féminisation des flux migratoires avant de plaider pour l’opérationnalisation d’une approche commune de l’Union africaine en migrations.

Maitre NDIAYE, Représentant le Professeur IsmailaMadior FALL, Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, a appelé àdéconstruire le prisme sous lequel est perçue la migration. Il a rappelé que le non-respect des droits des migrants est tout aussi vrai dans les pays occidentaux. Donnant l’exemple de la France où l’asile est de moins en moins accordé.

Il a annoncé l’intérêt et le travail entamé par son ministre qui aurait aimé être là car les travaux sur les droits de l’homme des migrants adressent des préoccupations actuelles de son département. Il attend les conclusions du panel pour voir comment le suivi peut être assuré par son équipe.

Une vue du présidium lors de la cérémonie d’ouverture. De gauche à droite : Monsieur DIALLO (FICR), Monsieur Wilfred NKWAMBI (PAM), Maitre NDIAYE (Ministère de la Justice), Professeur Ndioro NDIAYE (AMLD/Présidence), Monsieur Richard DANZIGER (OIM), Monsieur Andrea ORI (HCDH), Monsieur Sadikh NIASS (RADDHO).

 

 

  1. PRESENTATION DE LA PROTECTION JURDIQUE DES PERSONNES DEPLACEES INTERNES (PDI)

Madame MabintaCOLY, Conseillère du chef de délégation pour les affaires diplomatiques et humanitaires Comité international de la Croix-Rouge (CICR),a axé son intervention autourdes six points suivants :

  1. Quelques chiffres
  2. Réformes pertinentes
  3. Obligations des Etats
  4. Obligations des acteurs armés non étatiques
  5. Les solutions durables
  6. Recommandations

Elle a d’entrée de présentation rappelé quelques chiffres et faits sur les Personnes déplacées internes (PDI) en Afrique:

  • 2400000 de PDI dans le Bassin du Lac Tchad – 1800000 au Nord Nigéria ;
  • 190000 PDI au Mali / Mauritanie / Burkina Faso / Niger ;
  • 430000 Réfugiés en RCA, Tchad et au Cameroun ;
  • 310000 Réfugiés au Tchad ;
  • Plus de 3300000 PDI en Afrique de l’Ouest.

Il s’ensuivit une approche notionnelle de PDI qui, aux termes des Principes directeurs des Nations Unies de 1998 sur le déplacement interne, s’entend de « Personnes ou groupes de personnes forcées ou contraintes de fuir ou de quitter leur foyer ou leur lieu de résidence habituel, notamment en raison d’un conflit armé, de situations de violence généralisée, de violation des droits de l’homme ou de catastrophes naturelles  provoquées par l’homme ou pour en éviter les effets et qui n’ont pas franchi les frontières internationalement reconnues d’un Etat.»

Sur le plan normatif, Madame COLY a exposé les grandes lignes de Convention de l’Union africaine sur la protection et l’assistance aux personnes déplacées en Afrique ou Convention de Kampala. L’exposé a concerné l’avant, le pendant et l’après déplacement.

Avant le déplacement, ces cinq obligations incombent aux Etats :

  • Prévenir le déplacement arbitraire de population ;
  • Prévenir l’exclusion et la marginalisation politique, sociale et culturelle susceptible de causer le déplacement ;
  • Mettre en place d’un système d’alerte précoce dans les zones de déplacement potentiel ;
  • Prévenir le déplacement arbitraire des populations ainsi que les facteurs d’exclusion politique, sociale et culturel qui pourraient causer le déplacement
  • Mettre en place un système d’alerte précoce dans les zones possibles de déplacement

Pendant le déplacement, les Etats ont les obligations suivantes :

  • Apporter protection et assistance humanitaire aux personnes déplacées (focus sur les déplacés aux besoins spéciaux) ;
  • Respecter le rôle des organisations humanitaires internationales à cet égard ;
  • Evaluer les besoins des personnes déplacées et des communautés d’accueil ;
  • Consulter les déplacés sur les processus décisionnels relatifs à leur prise en charge.

Après le déplacement, il revient aux Etats de :

Rechercher des solutions durables sur la base d’un choix libre:

  • Retour volontaire dans les localités d’origine ;
  • Intégration locale ;
  • Réinstallation durable.

Madame COLY a, au surplus, exposé les Obligations des acteurs armés non étatiques à savoir :

  • Restreindre la liberté de mouvement des personnes déplacées ;
  • Recruter des enfants soldats ;
  • Recruter par la force des individus ;
  • Empêcher l’acheminement des secours au profit des personnes déplacées.

Madame COLY a terminé sa présentation en évoquant quelques actions pour le Sénégal en matière de prise en charge des PDI en mettant en exergue les enjeux pour le Sénégal tels que la responsabilité pénale individuelle des auteurs d’actes de déplacement arbitraire et de celle des acteurs armés non étatiques concernés et la conformité du Sénégal avec ses engagements internationaux: Incorporation des obligations de la Convention dans le droit interne.

Une vue de la présentation de Mme Mabinta COLY (CICR).

 

  1. DEBATS EN SEANCE PLENIERE

 

Modérés par le Pr Ndioro Ndiaye, Présidente de l’Alliance pour la Migration, Leadership et le Développement (AMLD) et Ministre conseiller auprès du Président de la république les débats en plénière ont tourné autour des points suivants :

  • Respect et protection des droits des migrants ;
  • Droits des migrants dans un contexte d’insécurité alimentaire ;
  • La protection des groupes de migrants vulnérables : mineurs non accompagnés, des apatrides, femmes et personnes âgées ;
  • Les alternatives pour l’effectivité des mécanismes juridiques à portées nationale, communautaire et internationale ;
  • La gouvernance de la question des déplacés internes en Afrique de l‘Ouest et au Sahel ;
  • Protection sociale des travailleurs migrants dans les pays d’accueil et d’origine;
  • Conciliation souveraineté nationale et liberté de circulation ;
  • Rôle et place des Organisations de la Société civile dans l’effectivité des législations nationale, régionale (communautaire) et internationale de protection des migrants.

Les débats ont été organisés en tour de table.

Monsieur Boubacar DIALLO, représentant Monsieur Jean-Antoine DIOUF, Directeur de l’Intégration africaine, s’est dit heureux de l’initiative de l’organisation du panel. Il a ensuite noté la faiblesse d’audience et de ratification de la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille. Commentant l’actualité, il n’a pas manqué de rappeler le retrait des Etats-Unis des négociations du Pacte mondial et tout le poids politique de la décision américaine. Estimant également que les migrations constituent des faits globaux, Monsieur DIALLO a plaidé pour une approche structurelle au détriment de la position conjoncturelle qui caractérise la gouvernance des migrations.Il a en outre souligné la faiblesse des articulations entre les niveaux régional et national dans la gestion des migrations et l’absence de partage des données et d’informations sur le fait migratoire par les acteurs concernés et dépositaires d’informations utiles notamment les modifications intervenues depuis 2014 dans le Protocole de Libre circulation de 1979 de la CEDEAO avant de formuler quelques recommandations (Voir les RECOMMMANDATIONS).

Madame Diago NDIAYE, Présidente du Réseau paix et sécurité des femmes de l’espace CEDEAO (REPSFECO), après les remerciements adressés au comité d’organisation pour la tenue de ce panel célébrant la Journée internationale des migrants, a mis l’accent sur l’articulation entre les niveaux national et régional. Elle a, à cet effet, le mécanisme de la CEDEAO en matière de Paix et de Sécurité y compris l’alerte précoce et la prévention qui peut être mis à contribution pour une meilleure gouvernance des migrations notamment la garantie du respect des droits des migrants en transit. Concernant l’insécurité alimentaire, Mme NDIAYE a suggéré un partenariat avec la Plateforme des femmes du G-5 Sahel qui comprend trois Etats membres de la CEDEAO : le Mali, le Niger, le Burkina Faso. Elle a conclu son intervention par des recommandations (Voir les RECOMMMANDATIONS).

Madame Bédy MBOW-KONTE, Coordonnatrice de la station de Radio communautaire Jokko FM,et présidente de  l’Association de 106 radios communautaires à travers le Sénégal et dans les pays limitrophes s’est longuement prononcée sur la nécessité d’associer les média locaux dans la sensibilisation et l’information des populations surtout des plus jeunes sur les dangers de la migration irrégulière.Elle a davantage mis l’accent sur les radios communautaires qui restent, pour elle,les meilleurs relais pour atteindre les populations cibles, en s’adressant à elles dans leur langue. Avant de formuler une recommandation (Voir les RECOMMMANDATIONS), Mme KONTE a réaffirmé l’engagement du réseau national des radios communautaires, comptant 106 stations à travers le Sénégal, à accompagner les parties prenantes en charge des migrations. Elle a enfin interpellé le Représentant du Ministère de l’Intégration africaine, du NEPAD et de la Francophonie sur les changements introduits par la carte biométrique de la CEDEAO et sur son apport en comparaison à l’ancienne carte. A cette question M. DIALLOdu MIANFrépondraainsi : D’abord, la carte biométrique CEDEAO répond aux besoins d’état-civil, d’identification. Ensuite elle a pour spécificité de servir de carte d’électeur. En outre, lacarte apporte des solutions sur le plan sécuritaire en facilitant la traçabilité. Enfin, elle crée un fort sentiment d’appartenance à la communauté (CEDEAO). Il est ainsi revenu sur l’abolition pour tous les citoyens de la CEDEAO du permis de résidence dans tous les pays membres depuis juillet 2014.

Monsieur Babacar BADJI, Président du MOUVEMENT DAMAY DJANGUI, est revenu sur la présentation de Madame COLY sur les PDI. Il est revenu sur la situation des populations déplacées à l’issue de la crise casamançaise et leurs dures conditions de vie. Il a suggéré qu’un accent particulier soit mis sur ces PDI. Monsieur BADJI a conclu son intervention en appelant à plus de sensibilisation et d’informations en direction des jeunes pour limiter les flux de migrants irréguliers et des investissements substantiels en direction de ces populations cibles.

Monsieur Landing BIAYE, Assistant au Chargé de mission de la Commission Nationale de l’OJAP au Sénégal, a orienté son intervention vers la création d’opportunités d’insertion des jeunes dans le tissu de créations de dividendes et de richesses. Il a suggéré de dépasser les effets d’annonces et incité à une gestion axée sur les résultats et sur le palpable pour sortir les jeunes de la routine. La stratégie de lutte contre les migrations irrégulières réside, selon Monsieur BIAYE, autant dans la sensibilisation des populations que dans l’amélioration de leurs perspectives d’avenir et d’insertion socio-économique.

Monsieur Issa WASNI, duClub Sénégal Emergent (CSE),a pris la parole au nom du de cette structure qui regroupe des cadres de l’administration publique, du secteur privé et de la société civile et qui compte accompagner le Président de la République dans l’atteinte des objectifs du Plan Sénégal Emergent (PSE) pour d’abord adresser ses remerciements aux organisateurs. Il a poursuivipour affirmer toute la disponibilité du Club Sénégal Emergent et de son président Monsieur Youssou DIALLOà accompagner les actions déployées pour une meilleure gestion des questions migratoires.

Monsieur Saliou SAMBOU, du Comité Sénégalais des Droits de l’Homme (CSDH), a plaidé pour un meilleur suivi des actions que mènent les Organisations de la société civile (OSC) dans le domaine de l’insertion et l’intégration des jeunes en particulier ceux en situation de retour. Il a, en guise d’illustration, cité les programmes de formation, d’information et de sensibilisation initiés par la RADDHO. Des programmes qui n’ont pu atteindre leurs objectifs par absence de suivi et d’appui technique et financier de l’Etat et de ses partenaires. Il a mentionné les difficultés d’accès au financement public, à l’époque du Fonds National de Promotion de la Jeunesse (FNPJ). Pour conclure, Monsieur SAMBOU a évoqué les demandes d’asile de certains Sénégalais installés à l’étranger qui, sur la base de prétendue orientation sexuelle ou de « l’instabilité » en Casamance demandent l’asile dans des pays occidentaux.

Monsieur Mame BidjiSADJI du MOUVEMENT DAMAY DIANGUI, a considéré quela faiblesse des opportunités au niveau national était à la base d’un départ massif de jeunes du pays. Analysant le PSE dont l’Axe 2 est dédié au capital humain, il dira que la formation notamment des plus jeunes est le fondement et la condition sine qua non d’un capital humain fort. Il a porté le plaidoyer d’un plus grand investissement auprès des jeunes pour les retenir dans le pays car en âge de se réaliser en tant qu’homme et d’œuvrer au plein épanouissement de leurs parents.

Monsieur Lanfia DIANE, Economiste à la Direction du Développement du Capital Humain (DDCH), évoquant l’expérience de l’élaboration de la Politique nationale intégrée de migrations du Sénégal et les obstacles qui entravent la gouvernance des migrations au niveau national notamment les résistances de l’administration. Il a,dans la foulée,rappelé àla faiblesse de la production scientifique en matière migratoire : la dernière enquête d’envergure datant de 1992 ainsi que la faiblesse d’exploitation des rares données qui existent par les chercheurs. Il s’est enfin prononcé sur le statut des mineurs non accompagnés en proposant des pistes de réformes (Voir les RECOMMMANDATIONS).

 

  1. MOTS DE CLOTURE

Monsieur Sadikh NIASS

Invité à prononcer son mot de la fin, Monsieur NIASS a rappelé l’écart entre la théorie et la pratique. Il a aussi tiré la sonnette d’alerte sur les projets d’accords bilatéraux entre la France et certains Etats de la CEDEAO notamment le Niger sur l’ouverture de centres de détention « Hotspots » en territoire africain. Ces accords, s’ils venaient à être conclus, constitueraient une entrave au principe même de la Libre circulation des biens et des personnes porté par le Protocole de 1979 de la CEDEAO.

Monsieur Moustapha DIALLO

Au nom de Monsieur Abdoul Azize DIALLO et de Madame LECLERC, M. DIALLO s’est dit marqué par la qualité des interventions et la richesse des informations et des savoirs extraits du panel. Il a rappelé toute la disposition des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant Rouge à accompagner le processus de gouvernance des migrations conformément à son mandat. 

Monsieur Andrea ORI

Monsieur a relevé l’existence d’un large cadre juridique protégeant les migrants ; qu’il faudrait davantage mettre l’accent sur le respect de ces engagements internationaux par les Etats. Pour le Sénégal, il a évoqué le cas des enfants talibés. Il a conclu son propos en insistant sur la nécessité d’une société égalitaire, non discriminatoire effective et conséquente.

Monsieur Wilfred NKWAMBI

En guise de conclusion, Monsieur NKWAMBI a invité à entretenir la dynamique pour une gouvernance intégrée des migrations. Il a, en ce sens, invité les participants à formaliser le cadre et se réunir de façon périodique pour échanger sur des thématiques en lien avec les migrations.

Monsieur Richard DANZIGER

Dans son ultime intervention, le Directeur régional de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) en Afrique de l’Ouest et du Centre, Monsieur DANGIZER a loué les efforts de la CEDEAO en matière d’intégration. Des efforts qui font de la CEDEAO, à ses yeux, la référence en la matière en Afrique. Il a cependant plaidé pour une mise en œuvre  plus intensive de la politique de libre circulation dans l’espace par le développement d’une plus grande solidarité entre les Etats membres.

Professeur Ndioro NDIAYE

Après avoir procédé à une synthèse des travaux, le Professeur Ndioro NDIAYE a remercié tous les participants au Panel et rappelé la nécessité de maintenir la dynamique enclenchée. Elle a tracé les contours des actions à suivre et des prochaines étapes du groupe de travail ainsi constitué. Elle a clôturé le panel non sans formuler quelques recommandations.

 

  1. RECOMMANDATIONS ET ACTIONS A FAIRE
  • Réformer les législations pour prendre en compte la spécificité des migrants ;
  • Revoir les conditions de détention légale ;
  • Appliquer le principe de non détention des migrants du fait de leur seul statut de migrant ;
  • Procéder à un monitoring régulier du respect et de la protection des droits des migrants ;
  • Promouvoir une meilleure circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO ;
  • Encourager une gouvernance intégrale/structurelle des migrations ;
  • Organiser des tournées de sensibilisation et de formation des agents aux postes frontières ;
  • Organiser régulièrement des Processus régionaux consultatifs avec l’implication du Ministère de l’Intégration africaine, du NEPAD et de la Francophonie ;
  • Concevoir des programmes de sensibilisation des femmes et des enfants articulés autour des Résolutions 1325 et 2250 ;
  • Installer un Observatoire régional des migrations ;
  • Multiplier les campagnes de sensibilisation des populations aux dangers de la migration irrégulière ;
  • Formaliser un cadre multi-acteurs de travail trimestriel autour des questions de migrations ;
  • Impliquer les radios communautaires comme relais dans la sensibilisation et l’atteinte des populations cibles ;
  • Associer les universitaires, les centres de recherche dans la réflexion autour des questions migratoires et la planification au niveau stratégique et opérationnel ;
  • Partager les résultats des recherches et les évolutions juridiques dans le domaine des migrations ;
  • Proposer des solutions à l’intégration socio-économique des populations déplacées internes ;
  • Créer un groupe sur les réseaux sociaux dédié à la gouvernance intégrée des migrations.
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