TANA FORUM 2016

«L’Afriquedansl’AgendaSécuritaire Mondial»

Résumé conceptuel

L’Afrique est l’arène de certains défis de sécurité insolubles du monde moderne. Il y a quatre vingts ans, quand les puissantes nations étaient sur le point de forger les décisions multilatérales et lois internationales, l’Empereur d’Ethiopie, Hailé Sélassié se tenait devant la Ligue des Nations et déclarait la catastrophe imminente qui pesait sur le monde si les principes de sécurité commune devaient être abandonnés. Depuis lors, l’Afrique a souvent été au-devant de la scène concernant les questions de paix et de sécurité internationales, et ses gouvernements et institutions sont aussi les champions et les gardiens de cette sécurité commune.

Le cinquième Forum de haut niveau de Tana sur la sécurité en Afrique se tiendra les 16 et 17 Avril 2016 et continuera dans sa tradition à s’interroger sur l’implication et le rôle du continent dans l’établissement d’une sécurité internationale commune. Tenu en continu depuis 2011, cet événement annuel conserve sa niche comme étant la meilleure plate-forme pour un débat éclairé, critique, solide mais pourtant informel, sur les défis de sécurité du continent. Pour la prochaine édition, le thème est:l’Afrique dans l’Agenda Sécuritaire Mondial.

En sélectionnant ce thème, l’impératif est de saisir les raisons pour lesquelles les problèmes de sécurité de l’Afrique attirent une attention mondiale substantielle tandis que la propre expérience du continent dans ce domaine et son articulation de ces questions, sont encore loin d’obtenir une reconnaissance mondiale proportionnelle. Il est aujourd’hui évident, plus que n’importe quel momentdans le passé, que l’Afrique a besoin d’une voixunifiéeet amplifiéesi elleveutfaire valoir ses propres intérêts dans les débats sécuritaires internationaux. Une fois de plus, Tana 2016 rassemblerales Chefs d’ÉtatsetdeGouvernementsafricains, les responsables gouvernementaux de

haut niveau, des personnalités africaines notables, des universitaires, des dirigeants du secteur privé ainsi que d’un éventail large d’acteurs internationaux. Ceci est un autre espace opportun pour discuter du rôle et de la responsabilité de l’Afrique dans le domaine de la sécurité internationale. Le choix du thème est opportun et approprié, surtout maintenant que l’Afrique est le théâtre d’une variété d’expériences en matièrede sécurité; des doctrines sécuritairesengendrées par les principaux acteurs étatiques et non étatiques qui aspirent toutes à trouver des solutions internes durables. Il est vrai que l’Afrique souffre des problèmes de sécurité graves, mais elle est également à la pointe des réponses pionnières de sécurité innovante. Les problèmes innombrables de sécurité du continent déclenchent des répercussions mondiales; d’un conflit sur les ressources à la migration de détresse de masse, d’hybrides conflits internes et internationaux aux défis des opérations multilatérales de maintiende la paix, pour ne nommer que quelques-uns.

Le thème de 2016 permettra donc aux participants de réfléchir sur les principales leçons tirées des décennies de contributions de l’Afrique auxdiscours et auxactions de sécurité dans le monde sans perdre de vue la tentative délibérée de minimiser les contributions innombrables du continent, ce qui a souvent un grand coût humain et matériel. En se concentrant sur le thème général de l’Afrique dans l’Agenda Sécuritaire Mondial, l’édition de 2016 du Forum de Tana va permettre d’approfondir les discussions autour des sous-thèmes interdépendants suivants:

  • Tout d’abord,il y auraune exploration de la capacité de l’Afrique à déterminer et à établir l’agenda sécuritaire dans le continent et dans le monde. Cela nécessite un examen de la façon dont l’Afrique tisse ses relations avec les grands acteurs internationaux. Cela exige, aussi d’explorer comment les dirigeants africains et les institutions africaines—surtout l’Union Africaine—jouent un rôle dans la prise de décision concernant l’appropriation de ces interventions; comment ils conçoivent et mettent en œuvre des positions africaines communes sur les questions de sécurité; la relation entre l’Union Africaine, les Communautés Économiques Régionales et les États membres; et le rôle du plus large éventail de parties prenantes, au sein et en dehors du continent, y compris celui des citoyens et des acteurs de la société civile, dans de tels procédés. Comme un additif, ce segment du Forum va en outre interroger les implications de la dépendance et la vulnérabilité de l’Afrique; deux facteurs qui expliquent pourquoi sa voix collective est régulièrement mise de côté – même lorsque sa sagesse collective est supérieure à celle de l’extérieur. Il est très connu que, tant que l’Afrique ne sera pas en mesure de s’exprimer collectivement et de s’approprier courageusement les questions affectant l’environnement de la sécurité mondiale, les acteurs externes continueront à imposer leur volonté. Le continent a besoin de réfléchir sur ceci, et le reste du monde a besoin d’apprendre d’eux.
  • Deuxièmement, le Forum mettra l’accent sur les missions de paix au sens large pour inclure les missions politiques et les opérations de maintien de la paix en Afrique; du point de vue des opportunités ainsi que des complications qui découlent des partenariats entre les gouvernements africains et les institutions internationales, entre l’Afrique et d’autres acteurs internationaux. L’Union Africaine a reconnu qu’il est impératif de revoir les normes et les cadres conduisant des interventions multilatérales parce qu’ils sont arriérés et parce que, maintenant, l’Afrique prend de plus en plus de responsabilités dans l’instauration et le maintien de la paix.
  • Dernier point, mais non des moindres, le Forum examinera les initiatives de consolidation de la paix en Afrique et en portant une attention particulière à l’état des infrastructures de paix en Afrique ainsi que les approches existantes en matière de prévention des conflits et de consolidation de la paix. Dans l’évaluation de l’appropriation africaine des objectifs, des méthodes d’instauration de la paix et du redressement post-conflit, le Forum se concentrera sur la compréhension des enjeux saillants de l’inclusion sociale et de la gestion rationnelle des ressources qui pourraient contribuer à la prévention des conflits et à la consolidation de la paix, ainsi que les perspectives d’une approche africaine qui peut contribuer ou mettre en valeur ces sphères. C’est qu’à travers la capacité de l’Afrique à mettre fin aux conflits et à maintenir la paix, que son influence actuelle et future dans le paysage de la sécurité internationale sera plus facile à évaluer.

En dernière analyse, l’édition de 2016 va décortiquer les questions concernant le rôle de l’Afrique dans la paix mondiale et l’arène de la sécurité, y compris l’établissement de l’agenda, les partenariats dans les opérations de paix, et la question de l’appropriation des objectifs et des mécanismes pour la consolidation de la paix. Il cherchera également à établir un juste équilibre entre la prime mise en place uniquement sur la position unique et avantageuse du continent, tout en reconnaissant en même temps la nécessité de sceller des partenariats avantageux avec les autres acteurs internationaux, les États et les institutions semblables.

Qu’est-ce qui devrait donc définir ou déterminer la coopération de l’Afrique avec les principaux acteurs internationaux dans le but de gérer les menaces sécuritairesurgentes du continent?

Commentréussir à’atteinteuneappropriation africainedesmodèlesderésolution desproblèmes?

L’Afrique parle-t-elle d’une seule voix, et quelles sont les implications profondes d’un manque de voix unique?

Comment, et à quel effet, l’Afrique façonne l’agenda de la sécurité internationale dans le domaine des opérations de maintienet de consolidationde la paix?

Quelles sont les réponsesafricainesles plusévidentes,aux menaces de la sécurité contemporaineet quels sont les essors mis en place pour développer les infrastructures de la consolidation de la paix?

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