L’Italie renouvelle son accord controversé sur les garde-côtes libyens

Malgré de nombreuses critiques, l’accord controversé signé en 2017 entre l’Italie et la Libye a été renouvelé mercredi 30 octobre par le chef de la diplomatie italienne. Soutenu par l’Union européenne, le texte prévoit une aide financière et la formation des garde-côtes libyens pour bloquer les départs de migrants.

L’annonce a été faite au Parlement mercredi 30 octobre par le chef de la diplomatie italienne Luigi di Maio. L’Italie renouvelle l’accord controversé signé avec la Libye en 2017 afin de stopper les départs de migrants depuis les côtes libyennes. Le texte prévoit, une nouvelle fois, une aide financière et la formation des garde-côtes libyens.

« Une réduction de l’assistance italienne [à la Libye] pourrait se traduire par une suspension de l’activité des garde-côtes libyens, avec pour conséquence : davantage de départs, des tragédies en mer et une détérioration des conditions des migrants dans les centres d’accueil », a justifié le ministre des Affaires étrangères. « Le texte fonctionne » et « personne ne peut nier qu’il a permis de passer de 170 000 débarquement [de migrants en 2016] à 2 200 en seulement deux ans ».

L’accord est ainsi prolongé pour trois ans à partir du 2 novembre.

Face aux critiques, Luigi di Maio a promis que le gouvernement « travaille pour améliorer » les termes de l’accord : selon le chef de la diplomatie, Rome va chercher à « impliquer davantage les Nations unies et la société civile dans l’amélioration de l’assistance aux migrants » en élargissant l’accès des ONG aux centres de détention libyens, à augmenter les fonds pour le rapatriement vers les pays d’origine quand ils sont considérés comme sûrs comme la Tunisie et pour financer des projets de coopération.

« La seule solution humanitaire possible est de mettre un terme au système de détention arbitraire »

Médecins sans frontières (MSF) ne croit pas en ces « modifications envisagées ». C’est du « maquillage humanitaires » car elles sont « difficilement réalisables » estime Marco Bertollo de MSF/Italie dans un communiqué. Le gouvernement italien dit « vouloir améliorer la situation mais en réalité, on perpétue des politiques de renvoi et de détention », a-t-il encore insisté.

MSF a ainsi demandé à l’Italie et à la communauté internationale de « cesser d’apporter un soutien aux autorités et aux garde-côtes libyens qui ne fait qu’alimenter les souffrances, les violations des droits de l’Homme et l’odieuse activité des trafiquants d’êtres humains, à terre et en mer ».

L’ONG est présente en Libye et fournit une assistance médico-humanitaire aux migrants présents dans les centres de détention. « La seule solution possible est de mettre un terme au système de détention arbitraire », et d’évacuer les migrants et réfugiés, a ajouté MSF, soulignant que le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR).L’accord italo-libyen avait été négocié par Marco Minniti, un ancien communiste passé par les services secrets, et devenu ministre de l’Intérieur en décembre 2016, du gouvernement de Paolo Gentiloni (en place jusqu’au printemps 2018). Fort de vieux contacts en Libye, il avait signé un « mémorandum » avec les autorités de Tripoli mais aussi avec des milices pour bloquer les migrants.

Source : https://www.infomigrants.net

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