ATELIER : SUR LES MENACES SÉCURITAIRES

 RENFORCEMENT DES CAPACITÉS DES FEMMES ET DES JEUNES DE LA SOCIÉTÉ CIVILE

MENACE SÉCURITAIRE AU SÉNÉGAL

Contexte et Justification

Il est vrai que depuis le début des années 2000, les guerres sont en recul en Afrique. Le continent n’est plus cette terre de chaos et de violences brutales que certains journaux se plaisent encore à décrire : le niveau général de démocratie et de développement économique s’est amélioré et des mécanismes de résolution des conflits ont émergé, permettant une baisse régulière du nombre des conflits.IMG_0084

2013 aura tout de même été une année turbulente sur le continent, et les questions de sécurité ont souvent occupé une place centrale dans les réunions internationales. Quelles grandes tendances peut-on dégager ?

Depuis quelques années, la nature de la violence sur le continent a changé assez radicalement. La majorité des conflits ne sont plus des « grandes guerres » : ils n’ont plus pour enjeu le contrôle de l’État, mais se déroulent aux confins de l’État, dans des périphéries peu ou mal gouvernées. Dans une Afrique de plus en plus urbanisée, l’État a tendance à concentrer son attention et ses efforts de développement sur la capitale et les grands centres urbains.

La nature de la violence a changé, les acteurs de la violence ont également évolué au cours des dernières années. En 2003, les salafistes algériens du GSPC organisaient leur première prise d’otages au Sahel. Dix ans plus tard, leur action a fait des émules, les groupes se sont multipliés, et le phénomène du terrorisme, auparavant relativement inconnu du continent africain, est devenu une préoccupation centrale. Ces groupes sont à la fois internationaux et locaux : ils partagent l’idéologie du jihad et leurs militants collaborent régulièrement en profitant des difficultés des États africains à contrôler leurs frontières. Mais leur montée en puissance est aussi étroitement liée au problème des périIMG_0061phéries oubliées : Al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI) et le MUJAO au Sahel, Ansaru et Boko Haram au nord du Nigéria, Al-Shabaab en Somalie, ont chacun profité de la faiblesse des États et d’un sentiment de marginalisation vis-à-vis du pouvoir central pour prendre pied dans ces régions périphériques et s’implanter dans le tissu social local. Ne voir en eux que des groupes étrangers aux connexions mondiales serait une erreur : ils auraient déjà été éliminés s’ils n’avaient pas trouvé un réel écho auprès des populations locales.

En 2013, ces groupes ont perdu du terrain, mais ils ont prouvé à maintes reprises qu’ils n’avaient pas besoin d’administrer un territoire pour conserver leur pouvoir de nuisance. Au Nord-Mali, AQMI, Ansar Dine et le MUJAO ont perdu le contrôle de Gao, Kidal et Tombouctou après l’opération Serval, mais leurs militants rôdent toujours dans la région et continuent d’organiser des attentats ; au Nigéria, malgré un couvre-feu et une campagne de contre-insurrection brutale (responsable de centaines de victimes civiles), l’armée n’est pas parvenue à stopper les attaques de Boko Haram, responsables de plus de 1 200 morts en 2013. Avec l’attaque du 21 septembre contre le centre commercial de Westgate à Nairobi (67 victimes), Al-Shabaab a démontré sa capacité à mener des opérations spectaculaires contre des intérêts étrangers au-delà des frontières.IMG_0126

Aujourd’hui, il n’y a toujours aucun État capable d’assumer un rôle de leader continental sur les questions de sécurité. Les deux candidats naturels – l’Afrique du Sud et le Nigéria – peinent à convaincre. Le premier a une diplomatie bruyante, mais pas toujours cohérente, comme l’a montré le scandale des militaires en Centrafrique ; le second a trop de mal avec ses propres problèmes sécuritaires internes (Boko Haram, le delta du Niger) pour donner l’exemple et impulser une dynamique. Les trois autres plus gros contributeurs au budget de l’Union africaine ne sont guère plus satisfaisants : l’Algérie a été dépassée par les évènements au Sahel ; et comme le Nigéria, on ne peut pas attendre beaucoup de la Libye et l’Égypte tant qu’elles n’auront pas réglé leurs crises politiques internes. D’autres États sont actifs à un niveau régional, comme le Burkina Faso et le Tchad dans le Sahel ou l’Éthiopie dans la Corne de l’Afrique, mais leur engagement est plus limité dès lors que leurs intérêts ne sont pas directement concernés.

Il reste à savoir si les pays en sursis, pour ainsi appeler les Etats qui ne sont pas encore victimes du terrorisme, sont bien préparés pour contrer toute velléité terroriste. La question a toute son importance quand on sait que les systèmes sécuritaires de la plupart des pays subsahariens sont défaillants et les frontières très poreuses.IMG_0095

Le Sénégal n’est pas à l’abri des menaces terroristes et autres conflits car justement, il  n’est pas totalement soustrait du champ des menaces conventionnelles, non seulement en raison de la persistance de la crise Casamançaise, mais aussi du jihadisme qui s’installe dans la sous-région. De plus, le Sénégal présente les mêmes symptômes du sous-développement que la plupart des pays de cette région (pauvreté, éducation et santé insuffisants) déjà gagnés par le terrorisme, en plus de partager une frontière avec le Mali.

Le développement des organisations terroristes et criminelles devient un problème de plus en plus urgent à résoudre pour les autorités africaines concernées. Au moment où les enjeux de l’action terroriste deviennent de plus en plus importants, la situation semble paradoxale : d’une part les moyens pour une politique anti-terroriste efficace et durable font défaut ; d’autre part, les groupes criminels deviennent de plus en plus puissants et gagnent de l’influence au niveau de populations désespérées qui rêvent de lendemains meilleurs. Plus de la moitié de la population vit avec moins de 2 $ par jour. Les problèmes d’emploi, de la cherté du coût de la vie sont récurrents.

  • Les moins de 20 ans représentent 52,7% de la population sénégalaise avec un taux de chômage de 49% en 2010 et un Taux d’alphabétisation de 52% en 2013. Tous ces facteurs précités démontrent la vulnérabilité de la population sénégalaise face à la puissance notamment économique des groupes terroristes. Il est également noté une expansion du radicalisme religieux avec de nouveaux types de groupes religieux importés (salafistes, wakhabistes, etc.), une floraison de mosquées construites sous forme d’œuvres sociales et d’aides aux populations des zones vulnérables.
  • Quels sont les attitudes et comportements utiles et nécessaires pour les femmes et les jeunes dans ces circonstances de risques sécuritaires avérées ?
  • Comment prévenir les actions des terroristes ?
  • Comment éduquer la famille et ses membres {femmes et jeunes  et vieux} à faire face  à ces dangers jusque-là méconnus dans nos pays ?

 Mais aussi, durant cet atelier, on devra se poser la question de la participation volontaire ou non des femmes et des jeunes que l’on note de plus en plus dans nos quartiers et campagnes en travaillant sur :

Le rôle des femmes  et des jeunes africains dans le terrorisme :

– Comment sont – elles recrutées et quel est l’objectif de ce recrutement ?

– Quel est leur apport au sein du groupe terroriste ?

Comment faire pour endiguer cette menace qui, de plus en plus, se fraye un chemin dans la société sénégalaise, dans les foyers comme à l’université ?

Quelle capacitation pour la société civile sénégalaise et pour les femmes et les jeunes en particulier pour détecter les signes essentiels de changement de comportement et prévenir et la société et les autorités compétentes ? Quels outils  renforcement de capacités  existent-ils pour les femmes et les jeunes ?

Ce sont les questions fondamentales qui ont poussé  L’ALLIANCE POUR LA MIGRATION LE LEADERSHIP ET LE DÉVELOPPEMENT, PARTNERS FOR WEST AFRICA et LE REFSPECO SENEGAL à mettre en œuvre   ce programme.

Date et lieu:  15 Janvier 2016, FANA Hôtel .

Objectifs:

  • renforcer les capacités des femmes, des jeunes sur les enjeux sécuritaires actuels au Sénégal et la problématique  de leur prise en charge par les populations des villes et des campagnes.
  • Connaitre les notions de base du terrorisme et ses différentes formes ainsi que les voies et moyens à leurs mesures à utiliser pour  combattre ce nouveau phénomène dans notre société.

Participants : 75 femmes et jeunes filles et garçons  de la société civile du Sénégal et dix radios communautaires.

Résultats attendus

  • A la fin de l’atelier, les 75 participants seront plus familiers avec la notion ou les notions de sécurité, et de sécurité communautaire au Sénégal.
  • A la fin de l’atelier les participants sauront identifier   3 ou 4 actions clés qu’ils pourraient initier pour une collaboration efficace  entre eux  d’abord et ensuite  entre eux et les forces de sécurité et de défense dans le cadre de la sauvegarde de notre sécurité

 

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